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Encyclopédie de la Vie Pratique

Pour bien choisir son habitation (1)

12 Octobre 2012, 13:13pm

Publié par Comtesse de Gencé

Pour bien choisir son habitation (1)

Le régime de l'habitation dans les villes

Il ne faut pas, de parti pris, s'insurger contre le régime de l'habitation dans les villes. On peut vivre heureux et bien portant à la ville comme à la campagne. Le citadin n'est pas moins jaloux de son bonheur et de sa santé que n'est l'habitant des champs.

Ne vous alarmez donc pas à la vue de ces maisons de huit étages que nous promet la civilisation du XXe siècle. Sans doute ces édifices monstres ressemblent-ils à des casernes; mais représentez-vous qu'elles sont assez bien construites pour que, malgré le grand nombre des voisins, on puis y encore vivre tranquille chez soi et entouré de toutes les garanties désirables d'hygiène et de bien-être.

A la ville, le rêve est évidemment d'habiter, comme on ferait campagne, une maison entière et de se trouver ainsi abrité contre l'indiscrétion et le bruit du voisinage.

Peu de personnes ont, malheureusement, le moyen de s'offrir le luxe de ce que l'on est convenu d'appeler l'hôtel particulier, avec ou sans jardin, et dont l'entretien nécessite invariablement la présence d'un nombreux personnel, des frais lourds et supposant de gros revenus.

D'ailleurs, de l'aveu même des favoris de la fortune, s'il est agréable de disposer d'une maison entière, ce privilège entraine avec lui bien des soucis.

Là, il ne suffit pas de s'avoir s'organiser un intérieur commode et coquet; il faut aussi être architecte, entrepreneur, maçon, peintre, tapissier et jusqu'à jardinier. Il faut veiller à tout; mais, si vigilant qu'on soit, n'oublie-t-on pas toujours quelque chose? Et tous ces divers soins n'incombent pas seulement au propriétaire de l'immeuble. Ils concernent également le locataire lui-même qui, en prenant possession de la maison entière, assume en quelque sorte l'obligation de la maintenir dans l'état où il l'a trouvée.

Beaucoup de gens, de ceux là même à qui leur situation de fortune permetterait d'affronter les frais de loyer et d'entretien d'une maison particulière, préfèrent occuper tout simplement un appartement dans un immeuble. Et il faut rendre cet hommage aux architectes et aux constructeurs modernes que les maisons actuelles répondent à toutes les exigences au point de vue de la coqueterie, du confortable, des commodités.

Le régime normal d'habitation dans les villes consiste donc à se fixer dans une de ces maisons à plusieurs étages, et y réunir autour de soi tous les objets, utiles à la vie et conformes au goût, dont l'usage est susceptible de faciliter l'existence ou dont la présence a de l'attrait.

La grosse question est de savoir choisir son habitation. Chacun, quels que soient ses moyens, souhaite d'élire domicile dans une maison qui soit à la fois belle d'apparence, spacieuse et commode. J'ajoute que l'on cherche, du même coup, le bon marché, ce qui ne va pas généralement avec le reste.

Tant d'exigences rendent laborieuse la découverte du domicile rêvé. C'est pourquoi il ne faut pas attendre la dernière semaine pour entreprendre les recherches.

Il est évident que les appartements les mieux placés et les plus confortables sont aussi les plus vite enlevés. Si vous ne vous y prenez pas au moins un mois d'avance, vous risquerez de ne trouver, pour vous loger, que les appartements que les autres n'auront pas voulu.

Vous savez qur l'usage des locations veut que l'on donne congé au propriétaire de la maison que l'on occupe, trois ou même six mois avant de la quitter; ce qui permet au propriétaire lui même de trouver aussitôt un locataire pour vous succéder, et par conséquent, de ne rien perdre de ses revenus.

Ce sont ces trois ou six mois que vous devez employer à rechercher votre nouvelle habitation. Comme les termes de location sont les mêmes pour tout le monde, c'est aux périodes que tout le monde cherche, et dans la crainte de manquer ce qui parait une "bonne occasion", on retient parfois, à la légère et sans assez de réflexion, un appartement qui n'est élégant que dans une maison dont la façase flatte l'oeil sans qu'on ait eu le temps de constater ses incommodités.

Et pourtant, lorsqu'on loue une maison on ne le fait pas avec l'idée de déménager au bout d'un an. C'est Franklin, je crois, qui prétendait que trois déménagement équivalent à un incendie. S'il y a des assurances contre l'incendie, il n'y en a pas contre ces calamités que sont les déménagements.

La personne, gérant ou concierge, qui vous montre la maison et vous fait visiter un appartement, a trop intérêt à vous séduire pour vous en signaler les désagrements. Cela est humain. Il est donc naturel qu'avant de fixer votre choix, vous ayez vu beaucoup de locaux et comparé leurs commodités respectives.

Ne vous inspirez pas seulement de votre goût personnel, tenez compte des préferences de ceux qui doivent cohabiter avec vous. Il faut que l'appartement soit gai pour toute la famille.

Il y a,en effet, des appartements gais et des appartements tristes. Cela dépend du quartier où ils se trouvent, de leur exposition, de leur élévation, de leur clarté, de leur distribution.

Comme tous les goûts sont dans la nature, certaines personnes préfèrent habiter les étages élevés, alors que d'autres, effrayées par la perspective des longues ascensions ne consentiraient pas à se loger au dessus du deuxième ou troisième étage.

Dans les quartiers bas, dans les rue étroites, il faut préférer à l'entresol ou au premier étage, le deuxième ou le troisième, qui sont mieux aérés et plus sains. A Gènes, par exemple les plus riches appartements des palais ne se trouvent jamais au rez-de chaussée ni au premier.

Les maisons luxueuses sont généralement munies d'un ascenseur, ce qui permet aux personnes dont les jambes sont fragiles de profiter pourtant de l'air plus pur du quatrième ou cinquième étages. Il est certain que plus on est voisin du ciel mieux on respire.

Il faut, pour habiter le rez-de chaussée, s'entourer de précautions infinies contre l'humidité. Lorsqu'il est surélevé, il a beaucoup moins à craindre, mais je ne conseille pas moins dans ce cas, les chauffages prolongés, les calfeutrages méticuleux et aussi l'aération fréquente. Sans cela, on risque de se voir, qu bout de quelques temps, perclus de douleurs et affligé de rhumatismes.

L'entresol a un grave inconvénient. Il est bas d'étage, manque d'air et même de lumière. Ne choisissez l'entresol que s'il mesure au moins deux mètre quatre-vingts de hauteur et si ses fenêtres ne sont pas masquées par des arbres.

Les étages inférieurs ne sont pas à l'abri des bruits de la rue. D'où il suit encore que, dans les rues grossièrement pavées, il est prudent de ne pas habiter au-dessous du troisième. Comme c'est la nuit surtout que le bruit de la circulation est désagréable. faites en sorte de n'avoir pas à coucher dans des chambres donnant sur la rue.

Quant aux appartements qui n'ont pas d'ouvertures sur la rue, ils sont plus tranquilles assurément, mais ils snt moins clairs, moins aérés, moins gais.S'ils sont aussi moins coûteux, ils sont, du reste, moins sains.

Ne vous logez sur la cour que si elle est vaste, parfaitement entretenue, que si les fenêtres sont assez larges pour laisser pénétrer chez vous beaucoup d'air et de lumière, que si enfin, vous pouvez vous tenir complétement à l'abri du regard des voisins.

Choisisez de préferences les étages élevés lorsque vous vous résignez à habiter sur une cour.

Tous ces détails suffisent à montrer le soin qu'il faut apporter à l'habitation. Aucun d'eux n'est indifferent et nous allons voir qu'indépendamment de ces conditions un peu générales, il est une quantité de conditions particulières qu'il faut, sans indulgnece, exiger des locaux et de la maison aue l'on se propose d'habiter.

Lorsque ces conditions sont remplie, lorsque l'on trouve autour de soi, dans une portion de ces immenses caravansérails toutes les commodités et l'hygiène, on s'attache à un appartement comme on s'attacherait à une maison rustique. Et je répète que l'on peut vivre heureux à la ville comme à la campagne.

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