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Encyclopédie de la Vie Pratique

Notions usuelles de politesse (2)

17 Octobre 2012, 10:51am

Publié par Comtesse de Gencé

Notions usuelles de politesse (2)

Les prérogatives de la femme

On a dit très justement que l'on pouvait juger la moralité d'un peuple à la mesure du respect que, dans ses manières, il témoigne à la femme.

S'il en est ainsi, nous avons droit à l'admiration de la plupart de nos voisins.

Notre politesse pour les femmes a ceci de particulier qu'elle est faite de délicatesse et de discrétion. Ce n'est pas une politesse embarassante pour celles qui en sont l'objet.

La politesse extérieure à l'endroit des femmes se manifeste dans tous les menus détails de la vie en commun.

En toutes circonstances, un homme doit céder le pas à une femme connue ou inconnue. Il ne passera pas une porte avant elle. Il ne restera pas assis si elle n'a pas de siège.

Sur le trottoir, c'est à la femme qu'est réservé le haut du pavé, c'est-à-dire la partie du sol qui se trouve le plus près des maisons et, par là même, le moins exposé aux incommodités de la chaussée.

C'est l'homme qui salue toujours le premier et son devoir est de s'empresser auprès de toute femme, même inconnue, à qui il adviendrait, en présence, quelque mésaventure.

L'homme ne doit pas oublier qu'il est le protecteur de la femme. C'est à lui que revient, en cas de péril, le poste le plus exposé. Il se risquera toujours pour préserver une femme d'un accident ou d'un malheur.

Mais ce qui fait tout le prix de cette sollicitude particulière dont la femme est l'objet de la part de l'homme poli, c'est la discrétion dont usera ce dernier. Politesse n'est pas obséquiosité. Il ne faut pas affecter de rendre service aux dames pour leur créer des devoirs de reconnaissance. Il est, du reste, des services qu'on ne rend pas. Un homme correct n'offrira pas à une femme, qui se promène dans un jardin public, la chaisse qu'il occupe mais qu'il a payée. Il na faut pas paraître se tenir à l'affût des occasions d'être aimable. On deviendrait alors gênant.

De même que les messieurs laissent aux dames le haut du pavé, c'est à elles qu'ils réserveront le haut de la conversation. A moins de leur avoir été présentés, ils leur laisseront la direction et les initiatives de l'entretien. Ils seront toujours, autant que possible, de leur opinion et ne feront valoir leurs propres arguments qu'avec certaines précautions ou atténuations, par ménagement pour la susceptibilité féminine.

On a toujours le droit de faire des compliments aux dames, à condition d'y mettre de l'esprit, du discernement, de la discrétion. Ces compliments ne doivent, d'ailleurs, porter que sur les qualités que la femme entend laisser très apparentes. Elle pourait se formaliser de toute incursion dans ce qui touche à son carctère, son intimité.

Louez une femme, connue de vous, pour la voix qu'elle a fait entendre ou même, si vous êtes en relations suivies avec elle, pour la toilette qu'elle a portée au bal, mais ne lui faites pas de compliments au sujet de la couleur de ses cheveux, de l'ardeur de son tempérament, de la sévérité qu'elle met à gouverner sa maison.

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