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Encyclopédie de la Vie Pratique

Les grandes époques (2) suite

22 Octobre 2012, 16:58pm

Publié par Comtesse de Gencé

Les grandes époques (2) suite

Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704) évêque et écrivain français

Le développement de l'esprit humain (2)

L'état de la civilisation d'un peuple se juge au degré de sagesse et de raison plus ou moins raffinées qu'il montre dans sa législation, dans ses institutions, dans ses oeuvres, et au degré d'élévation morale et de respect de la liberté humaine qui apparaît dans toutes les manifestations de sa vie sociale.

Depuis le drame du Paradis terrestre, on trouve chez les êtres humains qui ont laissé une trace de leur passage sur la terre, la notion plus ou moins clair du bien et du mal. En élisant leurs chefs, les premières bandes organisées élisainent aussi des sages. Auprès de la Force, c'est miracle que l'on voie toujours le Droit et la Justice s'imposer.

Lorsque la justice a succombé devant la Force, c'est que l'organisation sociale était défectueuse. Les révolutions ont toujours précédé l'anarchie et il n'y eut jamais de viable, au delà des erreurs temporaires, que les gouvernements fondés sur un sentiment juste du besoin des peuples. Le peuple fort est celui qui, conscient des ses droits, sait entretenir assez de force pour les défendre.

Voilà pour la politique. Il en est à peu près de même pour la vie morale et intellectuelle des sociétés.

Aux époques primitives, les hommes, plus rapprochés de l'état de nature, consacraient leur activité à la recherche de la satisfaction de leurs besoins intactifs. Ils se nourrisaient de chasse, de pêche et de végétaux que la terre leur procurait spontanément.

De bonne heure ils découvrirent des degrés dans le bien-être. Ils bâtirent des huttes pour s'abriter eux-mêmes et leurs familles. Autour des huttes, ils ensemencèrent le sol, se l'appoprièrent et se mirent en mesure de le protéger, comme s'il se fut agi d'une partie d'eux-mêmes. Après la notion de la famille, celle de la propriété prit aux yeux de tous un caractère sacré. Des luttes s'ouvrirent pour l'étendre comme pour la défendre.

Les familles se réunirent pour être plus fortes devant l'énnemi commun. On fit des lois.

La première législation connue est celle des Egyptiens, chez qui, dit Bossuet, "les lois étaient simples et pleine d'équité".

La législation des Hébreux est tout un système d'institutions, dont le base est le Décalogue. Elles sont assurément l'oeuvre d'un grand esprit. Les crimes y sont prévus et piunis et l'on y trouve des délicatesses surprenantes telles que celle-ci " Tout homme nouvellement marié n'ira pas à la guerre et ne sera tenu d'occuper aucune charge pendant un an."

Les Grecs et les Romains apportèrent à leur tour à la civilisation leur admirable contribution. Lycurgue à Sparte et Solon à Athènes se montrèrent d'incomparables législateurs. Le droit romain peut être considéré, d'autre part, comme le plus important monument de la législation humaine.

A mesure qu'il devenaient plus habiles à connaître et à satisfaire leurs besoins, les hommes sentirent aussi augmenter le nombre de ces besoins. Comme ils avaient conquis le sol, ils étendirent leurs empire sur les mers. Voyant des choses nouvelles, ils eurent des idées nouvelles. Leur esprit plus actif devint plus souple et plus exigeant. les mots, qui représentaient déjà les idées, furent eux-mêmes représentés par des caractères d'écriture. Des monuments furent élevés pour attirer la bienveillance des dieux et pour consacrer la gloire des hommes.

En même temps que les généraux s'illustraient dans les choses de la guerre, des artistes, architectes, sculpteurs, mosaïstes, peintres attachaient leur nom à des oeuvres éternelles, des écrivains poètes et prosateurs immortalisaient pour la postérité les légendes, l'histoire et les créations de l'imagination, des savants fixaient les lois de la nature, la maîtrisaient et s'acharnaient à la possession de la vérité.

Cet essor de l'esprit des hommes et des peuples vers la civilisation, la justice et vers la création et la comtemplation du beau et du bien s'est particulièrement produit à certaines époques où se trouvaient groupés les talents les plus divers.

On relève, dans l'histoire du monde civilisé, quatre grandes époques que l'on a décorées de la désignation de grands siècles. A chacun de ces siècles on a attaché le nom du personnage autour duquel évoluèrent les génies.

Toute la civilisation des Grecs et toute la gloire se résument dans le Siècle de Périclès (Ve siècle av. J.-C.).

Rome et les Latins s'imposent au monde pendant le Siècle d'Auguste (1er siècle après J.-C.).

La Renaissance, ou réveil des masses et des esprits engourdis pendant le moyen âge, correspond au Siècle de Léon X (XVe-XVIe siècle).

Enfin c'est la France qui, pendant le XVIIe siècle, éblouit l'univers par sa grandeur. Cette période est désignée sous le nom de Siècle de Louis XIV.

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